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© D.Xenakis: in-situ
 
© D.Xenakis: in-situ
         
   
© D.Xenakis: in-situ

"Tension"
© Dimitri Xenakis 2005
Edition d'un catalogue

Centre Régional D'art Contemporain
du Château du Tremblay


12m x 7 m.

"TENSION"
Par Marie Deparis,
critique d'art.


Près de la vieille ferme fortifiée, toute
en tours rondes et carrées, pierres aux
couleurs de l’usure du temps et toitures
au beau rouge orangé, un frêne plus
que centenaire a poussé, épousant en
ses courbes et racines la présence du
bâtiment. Un archétype de paysage
campagnard, une image pittoresque,
harmonieuse et paisible, que le travail
« in situ » de Dimitri Xenakis vient
perturber en un contrepoint inattendu
et révélateur. Son installation de câbles
tendus habillés d’aluminium, éléments
apparemment incongrus, voire dérangeants,
réactive le regard et amène le promeneur
à décaler son point de vue.
Des lignes de fuite apparaissent, mettant
en lumière correspondances et oppositions
verticales, obliques et horizontales,
comme si, dans une sorte de renversement,
on pouvait déchiffrer la composition d’un
paysage réel comme on le fait d’un tableau.
Les câbles tendus entre l’arbre et la
meurtrière matérialisent les liens invisibles
entre le corps bâti et le corps naturel. Liens
faits de tensions et de conflits, de luttes
souterraines et de compromis.
Avec le temps, le bâtiment s’est couvert
d’une texture moussue, semblable à celle
de l’arbre, mais celui-ci a sans doute dû
s’enraciner autour des fondations, nécessité
vitale de l’adaptation au milieu.
Liens tendus, donc, comme une métaphore
de ceux, dialectiques, que tissent depuis
toujours les hommes avec la (leur) nature .
Histoires réelles, histoires imaginaires...
Si l’intervention de l’artiste rompt le charme
tranquille du lieu, elle ouvre en même
temps une autre dimension poétique. En
invitant le visiteur à projeter son regard des
vieilles pierres aux ramures, elle tire les
lignes d’un récit imaginaire, qui inventerait
l’histoire, les histoires de cet arbre, de cette
bâtisse,l’un contre, tout contre, l’autre.
Cependant, cette installation éphémère et
extrinsèque aux corps des choses n’en
transforme pas radicalement l’anatomie.
Car il ne s’agit pas tant pour Dimitri Xenakis
de bouleverser l’état des lieux que d’en
questionner le sens, l’histoire, le contexte
pour en renouveller la représentation.


Marie Deparis
Juillet 2005

                       
 
centre art contemporain
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